Perspective la sante mentale en Guinée : CHU DONKA – Hémodialyse

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Réactions Psychiques Des Patients Insuffisants Rénaux Dialyses : Aspects Epidémiologique et Clinique  au Centre D’hémodialyse De L’hôpital National De Donka, CHU Conakry

INTRODUCTION

L’insuffisance rénale est une pathologie caractérisée par la perte des fonctions vitales des reins. À un stade avancé, lorsque les reins ne fonctionnent plus ou presque plus, un traitement de substitution s’impose : la greffe ou la dialyse. L’intrusion de cette maladie et de ce traitement dans la vie du patient peut induire de nombreux bouleversements émotionnels, psychologiques, familiaux, sociaux et/ou professionnels [1]. L’hémodialyse  a un impact sur la vie des patients hémodialysés en étant à l’origine de difficultés d’adaptation et de détresse psychologique  notamment  dépression et anxiété [2]. Cette souffrance psychique est un état de mal-être qui n’est pas forcément révélateur d’une pathologie. Elle indique la présence de symptômes ne correspondant pas à des critères diagnostics de maladie et qui peuvent être réactionnels à des situations éprouvantes et à des difficultés existentielles [3]. Parmi ces réactions, déclenchées à l’annonce de la maladie (rénale) chronique, on retrouve : Des réactions anxieuses ; Des réactions dépressives ; Des réactions de régression et de dépendance ; Des réactions de minimisation ; Des réactions d’ordre narcissique ;  Des réactions d’agressivité  [4]. Ainsi, entre 20 et 56,7% des patients dialyses dans le monde sont dépressifs et entre 20 et 45 % présentent un état anxieux [5]. En 2008 C .Rocha Augusto et coll [5] ont confirmé auprès  de 133 patients dialysés francophones 28,8% des patients ont présenté des signes cliniques de dépression  et 24,2% des symptômes d’anxiété. Au Maroc en 2003 Tarik Squali et coll [6], dans leur étude transversale sur 93 patients adultes en hémodialyse ont rapporté une fréquence de 69,3% d’anxiété et 67%  de dépression. En Côte D’ivoire en 2018 Ouedraogo et coll [7], dans leur étude portant sur trouble anxiodépressif chez les patients hémodialysés chroniques ont rapporté une prévalence de 61,8% . En Tunisie en 2008 Lobna Zouari et coll [8]  dans leur étude transversale auprès de 106 cas hémodialysés chroniques ont rapporté une prévalence de 46,2%  dépression.

Au Maroc  en 2011 M .Barrimi et coll [9] dans une étude transversale : l’expérience de psychiatrie de liaison sur une  période de 24 mois  portant sur 180 demande d’avis psychiatrique ont rapporté une prévalence 11% du service de néphrologie.

Au Togo en 2014 Mawufemo Yawovi Tsevi  et coll [10] dans leur étude descriptive transversale  avait rapporte que sur les 88 patients insuffisants rénaux chroniques en hémodialyse recrutés ont  note  68,2% de dépression dont 47,7% étaient au stade sévère.

En Guinée en 2016  Kaba .M .L et al [11] dans une étude portant sur l’impact psychosocial l’insuffisance rénale chronique et de l’hémodialyse ont rapporte 28% de cas dépression  et 68% de cas  de manifestation psychiatrique.

A notre connaissance très peu de données existent sur les rections psychiques sur le plan descriptif. Il était donc utile de mener une étude afin de pouvoir répertorier et de présenter les caractéristiques épidémiologiques et cliniques de ces troubles psychiques  au centre de l’hémodialyse de l’hôpital  national Donka.

 La rareté d’études antérieures sur les réactions psychique au  centre de l’hémodialyse national Donka et l’évolution de la fréquence réelle des réactions psychique  dans la population dialyse ont motivé le choix de ce présent sujet.

Les objectifs de notre travail étaient :

OBJECTIF GENERAL

Etudier les aspects épidémiologiques et cliniques des réactions psychiques chez les patients insuffisants rénaux dialysés dans le Centre National d’Hémodialyse du CHU de Donka.

OBJECTIFS SPECIFIQUES

1-Déterminer la fréquence  des réactions psychiques chez les insuffisants rénaux dialysés au Centre National d’Hémodialyse du CHU de Donka          ;

2-Décrire les caractéristiques cliniques des réactions psychiques ;

3-Identifier les différentes formes des réactions psychiques et leurs stades.                                                                       Pour la réalisation de ce travail, le plan suivant a été adopté :

CHAPITRE  Ι : GENERALITES

CHAPITRE  ΙΙ : MATERIEL ET METHODES

CHAPITRE  ΙΙΙ : RESULTATS

CHAPITRE  Ι˅ : DISCUSSION

                              CONCLUSION

                              SUGGESTIONS

                              REFERENCES

                              ANNEXE

GENERALITES

1.1. Insuffisance rénale chronique

1 .1.1.  Définition

L’insuffisance rénale chronique (IRC) est définie par la diminution progressive (sur plusieurs années) du  débit de filtration glomérulaire en rapport avec la destruction irréversible  d’un nombre significatif de néphron .En pratique, elle se définit par une diminution de la clairance de la créatinine en dessous de 90 ml/min/1,723 m2 [12;13].

1.1.2. Données épidémiologiques

Les  données sur la fréquence de l’IRC sont très rares, par contre on dispose de plus en plus des chiffres sur l’incidence de l’IRT qui nécessite un traitement.

La croissance mondiale annuelle de l’incidence de  l’IRT a  été estimée  à 8% [14], ce qui équivaut à un taux  de croissance six fois supérieur à celui de la       population mondial (1 ,3%).

Aux Etat- Unis d’Amérique (E-U), la population des malades en dialyse et transplantation rénale s’élevait à 360.000 en 2003 (cette incidence était à 150.000 dix ans auparavant), soit 0,13% de l’ensemble d’une population de 270 million d’habitants [15]. 

En France, selon le registre annuel du réseau épidémiologie et information en Néphrologie (Rein), au 31 décembre 2010 le nombre total de patient hémodialysés était  de 37 430  et de 29 841 pour les patients transplantés , ce qui  correspond respectivement a une prévalence de 720 et 470 personnes pmh . 9 439 patients insuffisants rénaux chroniques débutent un traitement de suppléance chaque année soit une incidence de 149 personnes pmh /an.

Dans les pays d’Afrique, cette prévalence se situe entre 30 et 186,5 pmh [16,17]. La situation est relativement confortable en Afrique du Nord et du Sud comparée aux pays d’Afrique Sub-saharienne(ASS) qui ne constituent que moins de 5% de patients sous épuration extra-rénale (EER) dans le monde [18].

Au Maroc, Pr C. Couchaud et  Pr. Benghanem gharbi M. dans une étude ont rapporte une prévalence  de l’IRCTT à 335,79 pmh en 2010 [19].

Kinshasa, une étude réalise en 2007 dans la population générale estimait la prévalence de la MRC à 12,4% [20].

En Guinée, M.L.Kaba et Coll. [21]  dans une étude portant sur la prévalence de l’IRC  traitée à Conakry en 2013 ; rapporte que 68% des patients  étaient  en phase terminale, dont  la prise charge thérapeutique par le traitement conservateur a été réalisée chez 177 patients (61%) contre 112 patients  mis en hémodialyse (39%).  

1.1.3. Etiologie

Des nombreuses affections sont susceptibles d’aboutir à une IRC. La prévention  de certaines et l’émergence d’autre modifient leur fréquence relative .Les étiologies peuvent être nombreuses et sont parfois inconnues.

  • Les causes les plus fréquentes d’IRC sont : [22]
  • Les néphropathies vasculaires (23%)
  • Les néphropathies diabétiques (20%) (type 2+++)
  • Les néphropathies glomérulaires chroniques (17%)
  • Les néphropathies interstitielles chroniques (15%)
  • La polykystose rénale (10%)
  • Les maladies systémiques (8%)
  • Les causes inconnues (7%)
  • Les néphropathies acquises :
  • Les néphropathies glomérulaires
  • Les GMC primitive
  • Les GMC Secondaires à des maladies générales (diabète, lupus, amylose)
  • Les néphropathies insterstielles chroniques :
  • Infectieuses : pyélonéphrites chroniques infectieuses.
  • Obstructive : adénome prostatique.
  • Toxique : AINS, antibiotiques (aminosides, sulfamides, cyclines), analgésiques, décoction de feuilles et de racines de diverse plantes, métabolites (oxalose, cystinose, calculs)
  • Les  néphropathies vasculaires :
  • Les néphroangiosclérose
  • Les  micros angiopathies
  • Les  vascularités (périarthrites noueuses)
  • Les néphropathies héréditaires :
  • La polykystose rénale : une des plus fréquentes maladies héréditaires, transmise de façon autosomique et dominante, responsable d’une IRC par développement de multiples kystes rénaux bilatéraux.
  • La dysplasie rénale
  • Le syndrome d’ALPORD : maladie héréditaire rare, les lésions complexes sont : d’abord glomérulaire (membrane basale), puis tubulaire et interstitielles (fibrose).
  • Les malformations des reins et des voies urinaires
  • Les néphropathies d’origine indéterminée

Pratiquement toutes les néphropathies chroniques peuvent se compliquer d’insuffisance rénale chronique.

1 .2 . Hémodialyse  [23]

1.2.1. Critères de prise en charge des IRC en dialyse.

   Elle  doit être envisage des que la clairance de la créatinine devient inferieur a               10 ml /min/1,72 m2 ou plus tôt en cas de complication telles que l’hypertension artérielle non contrôlée, l’hyperhydratation rebelle au traitement diurétique, l’œdème aigu du poumon, la polynévrite des membres inferieurs ou la dénutrition.

 Le choix existe entre plusieurs technique et modal.

1.2.2. Technique de dialyse

Hémodialyse :

Elle est basée sur les échanges diffusifs et convectif qui s’effectuent entre le sang du patient et un liquide de dialyse dont la composition est proche de celle du milieu extracellulaire à travers une membrane semi perméable de nature cellulosique ou synthétique . Elle nécessite la mise en place, idéalement plusieurs mois à l’ avance d’une artério-veineuse qui va pouvoir délivre un débit sanguin de 250 à 400 ml/min. Elle est mise en œuvre grâce à un hémodialyseur à plaque ou à fibres creuses de membrane et de  surface variable, des lignes connectant le dialyseur au circuit du dialysat et un générateur dont le rôle principal est de contrôler la fabrication du dialysat à partir d’un concentre et de surveiller les débits, les pressions, les températures et le taux d’ultrafiltration.

L’hémodialyse à raison de 3 séances par semaines peut s’effectuer selon des modalités différentes : dans un centre ambulatoire implante dans un établissement hospitalier prive ou public : dans un centre lourd comportant un service de réanimation continue et de soins lourds ; en dehors d’une structure de soins. Le lieu de traitement est alors le domicile du patient ou une unité d’auto dialyse (considérée comme substitut du domicile). Dans le deux cas le patient doit préalablement avoir bénéficie d’un apprentissage et exécuter lui-même son traitement, aide par une personne elle – même formée à la technique. Dans certains, le choix entre hémodialyse et dialyse péritonéal va dépendre facteur extra  lies au  mode vie du patient (activité socioprofessionnelle, éloignement d’un centre) ou à son contexte culturel. Quelle que soit la technique ou la modalité choisie, une vaccination contre l’hépatite B doit être réalisée le plus tôt pour obtenir un taux de réponse vaccinale optimal.

1.3. Réactions psychiques [24 ; 6 ; 25]

En hémodialyse, les patients sont totalement dépendants de la machine et des soignants. Elle entraine une souffrance psychique itérative puis que le sujet doit s’y rendre trois fois par semaine.

L’hémodialyse périodique ne peut se résumer à ses seules complications somatiques ni à la technicité de son traitement avec ses impacts physiques et économiques.

L’anxiété et la dépression sont autant de perturbations psychologiques induites par l’hémodialyse et qui sont trop souvent négligées.

1 .3.1. Anxiété                                  

  1. Définition : [26]

L’anxiété est au sens étymologique du terme une agonie, c’est-à-dire une lutte ou je me débattre contre le monde et moi –même , dans une atmosphère néfaste de danger , de peur , d’impuissance , d’inconnu et de mystère ,ou je me sens pantelant et perplexe désarçonné .

Autrement  l’anxiété fait partie du registre émotionnel normal de l’être humain : elle est définie comme une « peur sans objet », la crainte d’un danger imprécis, d’un sentiment pénible d’attente.

  • Les niveaux d’anxiété :
  • Faible : agitation, irritabilité, augmentation du nombre de question, focalisation sur l’environnement.
  • Modéré : inattention, expression de crainte, perceptions, floues, insomnie.
  • Sévère : sentiment de lassitude discours rapide, tremblement, faible contacte des yeux, patient préoccupe par sa situation présente, nausée et hyperventilation
  • Les types de l’anxiété :
  • Anxiété normal :

C’est un comportement humain normal, lorsqu’il est lie à un événement précis, limite dans sa durée et son intensité, et qu’il n’entrave pas de façon durable de sujet.

  •  Anxiété pathologie :

Qui retentit au contraire sur l’adaptation du sujet jusqu’à désorganiser totalement son comportement.

  • Anxiété trait :

L’anxiété trait est par contre une prédisposition à reprendre sur un mode anxieux et plus précisément la tendance à répondre par la peur à des stimuli stressant.

  • Anxiété état :

L’anxiété d’état est la réponse comportementale dérivant de la perception d’une menace. Cette émotion nait avec la perception de la menace et disparait avec cette menace.

  • Les symptomatologies anxieuses :
  • Les  psycho-comportement
  • L’anxiété est une émotion désagréable qui se traduit par une sensation subjective de malaise de tension interne.
  • Les pensées l’anxieuse sont généralement centrées vers l’avenir.
  • Lors  de certain état anxieux aigu le patient peut vivre des expériences de dépersonnalisation (sentiment de se sentir étranger à son propre corps) et/ou déréalisations (perte de l’intimité avec le monde habituel)
  • Les perturbations cognitives et l’inhibition de la pensée à un certain seuil d’intensité anxieuse.
  • Les  symptômes somatiques :
  • Sur le  plan cardiovasculaire : Tachycardie, douleur précordiale modifications labile de la tension artérielle.
  • Sur le plan respiratoire : les signes vont d’une discrète oppression à des sensations plus  intense et étouffement.
  • Sur le plan neuromusculaire : tension musculaire quelque fois douloureuse, tremblement, bourdonnement d’oreille.
  • Sur le plan digestif : sensation de boule dans la gorge, qui peut gêner l’alimentation, diarrhée.
  • Sur le plan vasomoteur : hypersudation, pâleur, bouffées vasomotrice.

 1.3.2. Les divers troubles anxieux : [27]

  DMS-IV (classification nord-américaine des troubles mentaux).

Cette classification consensuelle et admise au niveau internationale depuis les années1980. Le concept de trouble anxieux regroupe plusieurs entités distinctes :

  • Les attaques de panique (crise d’angoisse aigue)

C’est un malaise de survenu brutale avec un pic d’intensité atteint en moins de10 min et comprenant au moins quatre des symptômes suivants : crainte de mourir, crainte de devenir fou (ou de perte de contrôle), tachycardie, transpiration tremblement, sensation d’étouffement, sensation d’étranglement, sensation de vertige, douleur thoracique, douleur abdominale, paresthésies, frissons ou bouffée de chaleur, déréalisation (sentiment d’irréalité)ou dépersonnalisation (être détaché de soi).

La durée de la crise est d’environ 10 à 30 min. Les symptômes finissent par céder, au soulagement du patient, qui néanmoins vit dans la crainte d’une récidive.

  • Le trouble panique

C’est la répétition, plus ou moins fréquente, d’attaques de panique. Ces attaques sont inattendues, non déclenchées par des médicaments ou des drogues et provoquent chez le patient une anxiété anticipatoire (« peur d’avoir peur ») quasiment permanente.

  • Les phobies

Les phobies sont les plus fréquentes des troubles anxieux et se différencient en trois types bien distincts : Les phobies spécifiques, l’agoraphobie, et la phobie sociale.

  • Les phobies spécifiques :

Les phobies spécifiques concernent un seul type d’objet ou de situation simple, tels que :

-animaux divers

lieux en hauteur, avion ;

-vue de sang, de blessures, de procédure médicale, soins dentaire ;

-obscurité ;

-objets coupants ou dangereux ;

-eau (rivière, océan)

-cimetières, hôpitaux.

  • L’agoraphobie :

L’agoraphobie est définie par une peur des situations ou des lieux dont on ne peut pas sortir facilement et où on ne peut pas être assisté rapidement en cas de malaise.

  • La phobie sociale :

La phobie sociale est une crainte excessive du jugement d’autrui, la peur d’une évaluation négative qui conduit à l’évitement systématique ou à la fuite si le sujet est brutalement confronté à la situation ou personne redoutée. L’anticipation anxieuse est prédominante et renforce la stratégie d’évitement.

  • Le TOC : Une obsession est une pensée intrusive, c’est-à-dire qui s’impose au patient malgré lui .Les quatre types d’obsession sont : souillure, désordre/erreur, agression (ou « phobie d’impulsion » et superstition.
  • Le TAG :le trouble anxiété généralisée est une inquiétude quasi permanente,

Incontrôlable, durable (au moins six mois), prenant pour motifs divers soucis de la vie quotidienne et générant hyper vigilance et tension motrice excessive.

  • Anxiété dans les suites d’une psycho traumatisme :

Le syndrome de « stress aigu » survient dans les quatre semaines suivant un évènement traumatique souvent violent (accident de circulation par exemple).

Il existe un « syndrome de reviviscence », ce sont des images, des pensées, des cauchemars, qui rappelle l’évènement de manière pénible et permanente.

  • Troubles anxieux dus à une à une affection organique ou induits par une prise de substance :

Devant un patient anxieux, on doit rechercher une affection organique à expression anxieuse : hyperthyroïdie, phéochromocytome, état confusionnel, épilepsie temporale, ou suspecter une prise de toxique : alcool, amphétamines, cannabis, cocaïne, sédatifs ou autres.

1.3.3. Dépression

  1. Définition [28]

Les états dépressifs sont classés dans le chapitre des troubles de l’humeur. L’humeur ou thymie est selon la de finition de J.Delay « la disposition affective de base qui donne a chacun de nos état d’âme une tonalite agréable ou désagréable oscillant entre les deux pôles extrêmes du plaisir et de la douleur.»

  • Classification et description : [29]

Cette classification du trouble de trouble de l’humeur proposée dans CIM-10 repose sur des considérations pratiques et distingue :

  • Episode dépressif :
  • Episode dépressif léger
  • Episode dépressif moyen
  • Episode dépressif sévère sans symptômes psychotiques
  • Episode dépressif sévère avec symptômes psychotiques
  • Trouble dépressif récurrent :
  • Trouble dépressif récurrent, épisode actuel léger
  • Trouble dépressif récurrent, épisode actuel moyen
  • Trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère sans symptômes psychotiques
  • Trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère avec symptômes psychotiques
  • Trouble dépressif récurrent, sans précision
  • Episode dépressif

Au cours des épisodes typique de chacun des trois degrés de dépression :

 Léger, moyen, ou sévère décrits ci –dessous, le sujet présente habituellement

un abaissement de l’humeur, une diminution de l’intérêt et du plaisir et une réduction de l’énergie, entrainant une augmentation de la fatigabilité et une diminution de l’activité. Des efforts minimes entrainent souvent une fatigue importante.

 Par ailleurs, un épisode dépressif comporte souvent :

  • Une diminution de la concentration et de l’attention
  • Une diminution de l’estime de soi et de la confiance en soi
  • Des idées de culpabilité ou de dévalorisation, (même dans les formes légères)
  • Une attitude morose et pessimiste face à l’avenir
  • Une perturbation du sommeil
  • Une diminution de l’appétit

L’humeur dépressive ne varie guère d’un jour à l’autre ou selon les circonstances, mais elle peut présenter des variations caractéristique au cours du nycthémère.

  • Episode dépressif léger

Le diagnostic d’épisode dépressif léger repose sur la présence d’au moins deux des trois symptômes typique suivants : humeur dépressive, diminution de l’intérêt et du plaisir, augmentation de la fatigabilité, associes à au moins deux autres symptôme dépressif (une diminution de la concentration et de l’attention, des idées de culpabilité ou dévalorisation (même dans les formes légères, des idées ou auto agressif  ou suicidaire). Aucun de ces symptômes ne doit être sévère.

L’épisode doit persiste au moins deux semaines

Un épisode dépressif léger s’accompagne habituellement d’un sentiment de  détresse et de difficultés mineur à mener bien les activités  professionnelles et sociales habituelle. Il est rare que le sujet cesse toutes activités.

  • Episode dépressif moyen :

Le diagnostic d’épisode dépressif moyen repose sur la présence d’au moins deux des trois symptômes typique suivants : humeur dépressive, diminution de l’intérêt et du plaisir, augmentation de la fatigabilité, associes a au moins trois (et de préférence quatre) autre symptôme dépressifs (diminution de la concentration et de l’attention ; une attitude morose et pessimiste face à avenir, une diminution de l’appétit, une perturbation du sommeil)

Il est habituel que plusieurs  de ces symptômes aient une intensité sévère, mais ceci n’est pas indispensable au diagnostic.

L’épisode doit persiste au moins deux semaines.

Un épisode dépressif moyen s’accompagne habituellement de difficultés important a mène bien les activités professionnelle sociales ou ménagères.

  • Episode dépressif sévère sans symptôme psychotiques :

Au cour d’un épisode dépressif sévère, le sujet présente généralement un état de détresse, associe soit a une agitation soit a un ralentissement marque.

Le  tableau clinique est habituellement domine par une perte de l’estime de soi, des idées de dévalorisation ou des sentiments de culpabilité, et comporte souvent des idées de suicide manifeste. Le syndrome somatique est presque toujours présent au cours d’un épisode dépressif sévère.

  • Episode dépressif sévère avec symptôme psychotiques :

Le diagnostic repose sur la présence d’un épisode dépressif sévère, répondant aux critères d’état de détresse, associe soit a une agitation  soit a un ralentissement marque, mais s’accompagnant par ailleurs, d’idées délirantes, d’hallucinations  ou d’une stupeur dépressive. Les idées délirantes, habituellement rencontrées sont des idées de culpabilité ou de pêche, de ruine ou de catastrophe imminente (dont le sujet peut s’attribuer la responsabilité) Les hallucinations auditives consistent habituellement en des voix diffamatoires ou accusatrices et l’hallucination olfactive en des odeurs de putréfaction, d’immondices ou de décomposition. Le sujet peut présenter un ralentissement psychomoteur sévère, voire une stupeur dépressive

MATERIEL ET METHODES

1. CADRE D’ETUDE :

  Le Centre National D’Hémodialyse de l’Hôpital National Donka de Conakry, a servi  de cadre pour la réalisation de cette étude. C’est le seul centre  de référence publique pour la prise en charge des pathologies rénales  en Guinée, il est fonctionnel depuis le 28 novembre 2002.

Il a une triple vocation :

 Les soins ;

 La formation ;

 La recherche.

Il  dispose de 30  postes de dialyse avec une capacité de 180 malades, géré par une équipe composée de Néphrologues, de  résidents en Néphrologie, de Médecin généralistes, d’Infirmiers, et de techniciens de maintenance.

 2. MATERIEL :

Notre étude a porté sur les patients insuffisants rénaux dialysés. Un  questionnaire élabore à  cet effet a servi de  support pour la collecte des données : fiche d’enquête, les dossiers médicaux des patients, les cahiers de dialyses.

3. Méthodes :

  1. Type et durée d’étude : Il s’agissait  d’une étude prospective de type descriptif d’une durée de 3 mois (allant du 1er  septembre au 30 novembre 2020)
  2. Population cible : Elle était constituée de tous les patients insuffisants rénaux chroniques  suivis   au Centre National d’hémodialyse.
  3. Population étude : Elle  était  constituée de  tous les patients insuffisants rénaux chroniques  hémodialysés au  Centre National d’hémodialyse de Donka. 
  4. Les critères de sélection :
  5. Critères d’inclusion : ont été  inclus dans  notre étude tous les patients hémodialysés présentant des manifestations psychiques  pendant  la période  d’étude, après avoir obtenu leur libre consentement.
  6. Critères de non inclusion : n’ont pas été inclus dans  notre étude, les hémodialysés vacanciers, les hémodialysés non consentants et les cas d’insuffisants rénal aiguë (IRA).  

4 .Echantillonnage

4.1. Type

Nous avons procédé  à  un recensement exhaustif de tous les patients répondant à nos critères d’inclusion.  

4.2. Taille :

La taille de l’échantillon avait été déterminée par le nombre de patients hémodialysés  ayant acceptés  de participer à notre étude.

5. Technique de collecte des données

Nous  avons informé tous les médecins du service de l’existence de l’enquête. Les patients ont été entretenus  en milieu de séance de dialyse après    l’obtention de leur  consentement  libre  et   éclairé  pendant 10 -25 minutes en moyenne.

Le questionnaire était rempli par un seul enquêteur avec l’aide  d’un interprète quand cela était nécessaire. Les langues de l’interprète étaient le poular en français

La première était relative  à l’identification des caractéristiques socio-démographiques   et professionnelles des patients.

La seconde    était en rapport avec les données de la maladie rénale et de sa prise en charge.

La troisième était  le bilan psychiatrique à l’aide de l’échelle d’évaluation psychiatrique internationalement validée : HAD.

6 .Variables d’études :

 Nous avons repartis nos variables en  qualitatives et quantitatives selon les données.

6.1 Définition des variables :

  • Données épidémiologiques :
  • Fréquence : c’est le nombre des patients hémodialysés présentant des réactions psychiques par rapport au nombre total d’hémodialysés
  • Age : Il s’agissait du nombre d’années vécu par un patient hémodialysé jusqu’au moment de l’étude, avec l’âge les patients hémodialysés ont été repartis par tranche d’une amplitude de 10 ans.
  • Données  cliniques :
  • Des différentes étiologies de l’insuffisance rénale chronique :
  • Type néphropathie initiale: en tenant compte de  la  valeur de protéinurie, des antécédents, et du fond  d’œil. 
  •  Néphropathie vasculaire :  a été évoquée  devant une hypertension artérielle souvent ancienne , une protéinurie vasculaire  ≤ 1g /l , une hypertrophie ventriculaire gauche  à l’échographie ou une cardiomégalie  à la radiographie thoracique , le fond  d’œil montrant une rétinopathie hypertensive .
  •  Néphropathies glomérulaire : a été évoquée  devant une protéinurie abondante

≥ 1,5g / 24 h avec ou sans hématurie microscopie , associée a une hypertension artérielle souvent récente.

  •  Néphropathie tubulo- interstitielle : a été  évoquée  devant une protéinurie

≤ 1g/l associée à une leucocyturie aseptique,  des infections urinaires à répétition et l’absence hypertension artérielle avant le stade terminal.

  • Néphropathie diabétique : a été évoquée devant une protéinurie (micro albuminurie)˃ 300mg/l antécédent  de diabète ,associée à  des signes de rétinopathie diabétique  au fond d’œil.
  • Néphropathie indéterminée : celle devant les quelles les anomalies clinique et paraclinique  ne nous ont pas permis de les rattachés à l’une ou l’autre des catégories précitées.
  • Durée en dialyse : Il s’agissait du nombre d’année vécu par le patient en tant que dialysé jusqu’au moment de l’étude.
  • Nombre de séances/Semaine : Il s’agissait du nombre de séances par le  patient (1 à 2 fois par semaine). Nous les avons  repartis :

1 séance / semaine

2 séances / semaine

3 séances / semaine

  • Suivi néphrologique avant le début de la dialyse : régulier,  irrégulier, non précisé
  • Durée d’hospitalisation avant la dialyse : 48 heures, Après 48 heures, non précisé    
  • Type d’abord vasculaire par laquelle l’hémodialyse a débutée : [30] 
  • Cathéter Veineux Central(CVC) : Il s’agit donc des cathéters posés habituellement au niveau de la veine jugulaire interne et qui se raccordent au circuit extracorporel. Ce sont de très bons abords mais ils sont surtout utilisés temporairement, en attente du développement d’une fistule ou en urgence. Les complications sont surtout infectieuses ou les thromboses.
  • Fistule Artério-Veineuse (FAV) :consiste à artérialiser une veine superficielle en l’anastomosant à une artère. Pour l’hémodialyse, cette fistule est dans la plupart des cas réalisée entre l’artère radiale et la veine radiale superficielle, au niveau le plus distal possible du membre non dominant le plus souvent (c’est-à-dire au bras droit pour un gaucher).
  • Caractéristiques de la maladie psychiatrique : [31]

 L’échelle HAD est un instrument qui permet de dépister les troubles anxieux et dépressifs.   Elle comporte 14 items cotés de 0 à 3.

Sept questions se rapportent à l’anxiété (total A) et sept autres à la dimension dépressive (total D), permettant ainsi l’obtention de deux scores (note maximale de chaque score = 21).

Scores

Additionnez les points des réponses : 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13 : Total A = ______

Additionnez les points des réponses : 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14 : Total D =   _____

Interprétation

Pour dépister les symptomatologies anxieuses et dépressives, l’interprétation suivante peut être proposée pour chacun des scores (A et D) :

– 7 ou moins : absence de symptomatologie

– 8 à 10 : symptomatologie douteuse – 11 et plus : symptomatologie certaine.

  • Variables qualitatives
  • Le  sexe : elle a porté sur des sexes
  • Profession : il s’agit de l’activité ou le métier exercé par nos patients

Catégories socio-professionnelles : les patients ont été  repartis en fonction des critères de la Direction  Nationale des Statistique  du Ministère du plan  comme suit :

  • Le secteur formel : regroupe les personnes qui exercent une activité lucrative et ayant un salaire a une période fixe (employé du secteur public et prive)
  • Le secteur informel : regroupe les personnes qui exercent une activité lucrative et n’ayant pas un salaire a une période fixe (commerçant, mécaniciens)
  • Le secteur de formation formelle : regroupe les personnes fréquentent des établissements de formation régis par les règles du ministère de l’éducation nationale (élèves, étudiants)
  • Le secteur de formation informelle : regroupe les personnes fréquentent des lieux ou des secteurs non régis par les règles du ministère de l’éducation nationale (apprentis chauffeur, apprentis tailleur)
  • Les forces de défense et de sécurité : regroupent les militaires, les policiers, les gendarmes, les douaniers, les gardes forestières
  • Sans profession : personne qui n’a aucune  activité
  • Ménagère : femme n’ayant aucune activité en dehors du foyer                                                                                                                     
  • Statut matrimonial : désigne l’état civil de nos patients pendant l’enquête ils seront classés en :
  • Célibataires : personne en âge d’être  marié, mais qui ne l’est pas et qui jamais ne le fut.
  • Marié(es) : deux personnes unies par le lien conjugal selon les lois de l’état, de l’église et de la mosquée.
  • Veuf (Ve) : personne dont le conjoint n’est décédé et qui ne s’est pas remariée.
  • Divorcés : il s’agit de deux personnes chez qui la dissolution du mariage a été prononcée.
  • séparation de corps : procédure  de rupture partielle du mariage, qui libère les époux de la vie commune, sans mettre fin au mariage.
  • Concubinage : état d’un couple qui vit ensemble comme si les deux étaient mariés.
  • Niveau d’étude : c’est niveau scolaire ou universitaire atteint par nos patients
  • Niveau primaire : personne ayant un niveau compris entre la première et la sixième année de l’école primaire.
  • Niveau secondaire : personne ayant le niveau collège lycée ou école professionnelle
  • Niveau supérieur : personne ayant fréquentée un établissement d’enseignement supérieur.
  • Sans niveau : personne n’ayant aucun niveau d’instruction.
  • Provenance : c’est le lieu ou l’endroit d’où viennent nos patients.

Nous avons retenu :

  • Basse Guinée
  • Moyenne Guinée
  • Haute Guinée
  • Guinée Forestière
  • Extérieur de la Guinée
  • Antécédents psychiatriques :

Il s’agissait  des patients qui avaient présentés des troubles psychiatriques dans le passé.  Ils ont été  repartis  comme suit : Antécédents personnels psychiatriques ;  sans Antécédents personnels psychiatriques.                                                                                                                         

7. Méthode  de  traitement et d’analyse des données :

Nos données  ont été saisies et traites à l’aide des logiciels Excel 2007 et IBM SPSS Statistic 26. Elles ont étés analysées selon le plan des questionnaires.

Nos résultats ont été présentés grâce au logiciel Microsoft Word et Power point  2007 sous forme de tableaux et figures, commentés, discutés et comparés selon les données actuelles de la littérature.

8. Règlement d’éthique :

Au cours de cette étude nous nous sommes engages à respecter les droits de nos patients, le principe de l’anonymat et le consentement libre ont été également respectés.

9. Difficultés de l’étude :

  • La réticence de certains hémodialysés à participer à notre étude.

RESULTATS ET DISCUSSION

Du 1er Septembre au 30 Novembre 2020, nous avons réalisé au centre d’hémodialyse  de l’Hôpital National Donka une étude prospective de type descriptif portant sur les  réactions psychique des patients insuffisants rénaux dialyses.

*La fréquence : Durant cette période d’étude, nous avons  colligé un effectif de 150 patient  insuffisants rénaux dialyse soit  112 cas (74,6%) ont présente les réactions psychiques,  35 cas (25,4%)  seulement patients  n’avaient pas de réaction psychique. Contrairement  prévalence des manifestations psychiatriques a été rapportée  par Kaba ML et al. 68% cas  [7],   Cette fréquence élevée pourrait s’expliquer par l’augmentation en capacité d’accueil du centre d’hémodialyse et  la mise en dialyse du patient a des répercussions psychologiques qui se traduisent par une idée de décès prochain. [5].

*L’âge : Notre étude a montré que la population hémodialysée était jeune en Guinée.  L’âge moyen de nos patients (33,4 ans)  avec  des extrêmes 15 et 65 ans  est corrobore à ceux retrouve en Afrique noir. En effet NJAH .M et all. [32]  a trouvé en 2001 en Tunisie un âge moyen de 41,7 ans.

T. SQUALLI  et all. [6]  au Maroc en 2005 a rapporté un âge moyen de 42 ans.

Au Sénégal en 2015, N’DIAYE et all. [33] ont retrouvée  une moyenne d’âge de 44,73 ans

La tranche d’âge la plus dialysée est celle de  25- 44ans.

Des travaux réalisés dans les pays occidentaux ont montre que les patients en hémodialyse chronique étaient plus âge, au delà de 60 ans [34, 35]. Cette différence peut être liée à l’avancée médicale des pays développés, entrainant une espérance de vie plus longue avec des pyramides  des âges plus large au sommet. Elle pourrait également être due à la non maitrise des facteurs de risque cardiovasculaires, pourvoyeurs d’insuffisance rénale terminale dans nos pays en  développement.

*Sexe : 61,3% de nos patients étaient de sexe masculin et 38,7% de sexe féminin soit un sex-ratio H/F de 1,58.  SABI et all. [36] au Togo, Diallo et all [37] au Mali ont trouvé  des résultats similaires à savoir respectivement un sex ratio de 1,82 et 2. Des résultats contraires existent en Afrique.

En Tunisie, MOUHAMED et all [38] avaient retrouvé une prédominance féminine (sex-ratio  de 0,97) en 2004.

Dans l’étude de N’DIAYE et all. [33] au Sénégal, il y avait une prédominance féminine (sex-ratio  de 0,886)  en 2015.

*Statut matrimonial :

Dans notre étude, les mariés ont représenté 70,7% des cas contre 19,3% de célibataires, les veufs et les divorcés représentaient 10 % des cas. Nos résultats  sont superposables aux résultats de NJAH.M et al. [32] en 2001 qui avait rapporté une fréquence de  70,6 % pour les mariés, 22% pour les célibataires, 4.6 % pour les veufs (ves) et 2,7% pour les divorcés.

*Les néphropathies initiales : La néphropathie initiale était estimée vasculaire : 59cas (39,3%), glomérulaire : 50cas (33,3%), glomérulaire diabétique : 16 cas (10,7%), interstitielle : 11cas (7,3%),  indéterminée : 9 cas (6%), héréditaire : 5 cas (3,3%). Nos résultats sont comparable de ceux de Tunisie M.NJAH et al. [32]  retrouve l’étiologie dans 73,4% des cas, il a retrouvé premièrement la glomérulonéphrite chronique ensuite la néphropathie vasculaire. Par contre nos résultats sont supérieurs de ceux du Mali en 2007 DJIBI. D dans sa thèse de doctorat en médicine  qui avait rapporté une fréquence  62%  comme première étiologie : La néphropathie vasculaire ensuite  la néphropathie diabétique [39]   .

Au  Maroc en 2012 YASSINE.D dans sa thèse  de doctorat qui avait rapporte une fréquence  65,7% comme première étiologie :La néphropathie vasculaire ensuite  la néphropathie diabétique  [40]

 Nous pouvons donc expliquer ceci par le fait que dans notre contexte, les maladies vasculaires représentent un facteur de risque majeur quant à l’apparition de la maladie rénale chez le sujet hémodialysé. La variation reflète les différences de la prévalence des maladies rénales entre les différents pays  [41 ; 33 ; 42].

*La durée moyenne de mise en dialyse est de 2 ans 1 mois dans notre étude.

M.NJAH a retrouvé en Tunisie une durée moyenne de 2,9 ans [32].

* L’anxiété a été retrouvée chez  20,4 % des patients dont 20 cas (17,8%) d’anxiété mineure et 3 cas (2,6%) d’anxiété majeure.

* La dépressiona été retrouvée dans notre étude chez 79, 3% des patients

Dont 48 cas (42 ,8 %) de dépression légère, 33 cas (29,4 %) de dépression modérée et 8 cas (7,1 %) de dépression sévère.

Notre résultat est comparable aux données de la  littérature qui rapporte une prévalence de 20 à 67 %  [5].

En utilisant la même échelle HADS, en 2009 Untas et al. Ont trouvé dans leur échantillon 36,7% des patients qui présentent un état anxieux douteux et  24,6% un état anxieux certain;  et en ce qui concerne la dépression, 35,3% présentent un état douteux et 22,7% un état certain [43].  En  2005 Tandis que Sqalli-Houssaini et al. qui utilisaient une autre échelle, trouvaient un taux d’anxiété de 69,3%, dont 31 avaient une anxiété majeure et un taux de dépression à 67%, dont 24 cas de dépression modérée et 7 cas de dépression sévère [6]. 

 Nous pouvons expliquer cette différence par le contexte social. Dans les pays développés les gens sont renfermés alors qu’ici les gens vivent en famille, fréquentent des »grins » : les patients sont entourés.

L’âge et l’anxio-dépression : Dans notre étude nous avons constaté que l’anxiété et la dépression étaient  quasi- majoritaires chez les patients de 15 à 44 ans.

Nous pouvons expliquer cela par le fait que de 15 à 44 ans les patients sont des

Jeunes et des adultes jeunes qui bâtissent encore leur avenir donc la peur de la

mort, les profonds remaniements quotidiens, un sentiment de culpabilité et de dépendance intervient sur leur équilibre psychique.

Nos résultats sont contraires à ceux de M. NJAH qui a constaté que les patients de plus de 40 ans ont 2 fois plus de risques de présenter une symptomatologie anxio-dépressive que ceux moins âgés [32].

Nous pouvons expliquer cette différence par le fait que dans les pays développés, la population a tendance à isoler les personnes âgés ce qui est tout à fait le contraire dans notre contexte.

Sexe et l’anxio-dépression : Le degré l’anxiété et de la dépression étaient retrouvée  chez les hommes que chez les femmes. La prédominance masculine  de l’anxio-dépression a été rapportée au Togo par  MAWUFENO et all [10].

Ce qui est  contraire aux données de la littérature  Ndiaye et  Diallo

En effet pour ces auteurs, la dépression était plus retrouvée chez la femme à cause de leur plus grande sensibilité et au manque d’engagement professionnel.

Nous pouvons expliquer cette prédominance masculine de la dépression et l’anxiété  par le fait que la majorité des hommes étaient inactifs et la durée en hémodialyse reste donc un facteur indéniable de survenue de la  réaction psychique. 

Niveau scolaire et anxio-dépression : Le degré d’anxiété et de dépression a été plus élevé chez les scolarisés que chezles non scolarisés. Ces résultats sont contraires à ceux de M. NNJAH en Tunisie qui a rapporté que la pathologie a été plus fréquemment observée chez les malades analphabètes par rapport aux patients instruits. [32].

Statut matrimonial et anxio-dépression : Le degré d’anxiété et de dépression était plus élevé chez les  mariés que chezles non  mariés. Nous pouvons expliquer cela par l’attitude environnemental vis-à-vis cette population surtout l’entourage plus proche, le sujet  est incapable de résoudre  ses obligations conjugales et familiale.

*Profession et anxio-dépression : Le degré d’anxiété et de dépression est plus élevé chez les non travailleurs que chez les travailleurs. Nous pouvons expliquer cela par le fait le maintien d’une activité  professionnelle jouerait un rôle protecteur vis-à-vis d’une réaction psychique.

*Suivi néphrologique et anxio-dépression : La fréquence d’anxiété et de dépression a été plus élevée chez les patients régulièrement suivis sur le plan néphrologique avant la mise en dialyse.Certains de nos patients avaient des idées d’angoisse  de mort ou pessimiste  par ce qu’ils n’avaient pas bénéficie auparavant d’un examen psychiatrique à la recherche de ces troubles et par conséquent, aucun n’était sous traitement antidépresseur ou anxiolytique.

*Durée en dialyse et anxio-dépression : L’anxiété  était majoritaire chez les patients qui avaient 1 à 36mois en dialyse tandis que la dépression était majoritaire chez ces mêmes patients. M. NJAH en Tunisie n’a pas observé de modification du niveau symptomatique avec l’ancienneté. [32]

Conclusion

  • Notre étude, qui a consisté en une évaluation systématique de l’humeur, chez les  patients hémodialysés chroniques, a montré une prévalence relativement élevée des  réactions psychiques, chez ceux ci.
  • L’impact des réactions psychiques  sont non négligeable, d’autant plus qu’elle demeure souvent méconnue en l’absence d’un dépistage systématique ; celle-ci accroît le retentissement des handicaps psychosociaux et aggrave le pronostic.
  • Nous avons relevé, chez les hémodialysés de notre étude, trois facteurs fortement corrélés à la réaction psychique ; dépression ; l’anxiété et l’inactivité professionnelle. Ce résultat ne suffit certes pas pour présumer l’existence d’une relation type cause-effet ; mais, il indique que l’identification d’un de ces facteurs, ou, a fortiori, des trois , devrait faire rechercher une réaction psychique sous-jacente et la traiter ; ce qui permettrait d’optimiser la prise en charge, d’atténuer la souffrance des hémodialysés chroniques, et de les aider à mieux faire face à leur maladie et à mieux s’intégrer dans la vie familiale, professionnelle et sociale.
  • SUGGESTIONS :

Au terme de notre étude nous proposons quelques suggestions :

 créer d’autre centre d’hémodialyse pour permettre le  rapprochement des soins.

Au personnel du centre d’hémodialyse 

Associer un psychologue à l’information pré-dialyse 

Créer  un poste pour le psychologue  dans le centre d’hémodialyse et établir une collaboration étroite entre psychologue et  néphrologue pour un bon suivi psychologique des patients

Evaluer périodiquement le profil psychologique des patients

Aux autorités

 Former les psychologues cliniciens 

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